Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles

Thrillers de l'été

livres, la fille du train paula hawkins, amelia kimberly mccreight

L'été, ce moment où le temps semble décélérer, est propice à la lecture de romans policiers. En vrai, j'aime bien lire de temps en temps, un polar. Cette année j'ai choisi La fille du train de Paula Hawkins et Amélia de Kimberly McCreight.
La fille du train c'est Rachel, une londonienne paumée parce que fraîchement divorcée, parce qu'alcoolique. Chaque jour, elle voyage de son appartement de banlieue (en colocation) à son bureau au coeur de la ville en train. De la fenêtre du wagon, elle aperçoit chaque jour la vie d'un couple surnommé Jess et Jason...tendre routine qui se grippe le jour où Jess disparaît après ce qui a semblé être une dispute. Rachel décide alors de mener l'enquête...mais peut-on faire confiance à une femme qui boit ? C'est un best-seller qui dit traiter de la violence domestique et de l'alcoolisme féminin...certes...mais j'ai été déçue. Je n'ai pas réussi à m'attacher à Rachel. On a franchement envie de la secouer ! L'intrigue est bizarre et je ne suis pas certaine d'y avoir cru !

*

J'ai bien plus apprécié Amélia. Kate, brillante avocate, mère célibataire, qui vit à Brooklyn apprend un jour d'automne la mort, par suicide, de sa fille unique Amélia. Elle est inconsolable, ne croit pas vraiment au suicide, remet en doute ses qualités maternelles, reprend le fil du jour J et des jours d'avant. L'enquête est menée par les voix de Kate et d'Amélia, sa fille d'adolescente est ponctuée de SMS, de statuts Facebook et d'une newsletter cruelle sur la vie (sexuelle) du lycée. Roman moderne, bien senti, sur l'adolescence 2.0, sur la solitude, sur l'ambition. Un bon roman.

*

Rentrée littéraire en poche

citation, lire

Lundi 29 août 2016

La rentrée des livres de poche 2016 se prépare du côté de chez moi. Voici les livres que j'ai en tête guidée par ce qui défile sur les réseaux sociaux des maisons d'éditions et sur les souvenirs que j'ai des descriptions, devrais-je dire critiques, des sorties grand format.

Editions le livre de poche
31 août - Amélia Kimberly McCreight et La septième fonction du langage de Laurent Binet
7 septembre - Les gens dans l'enveloppe d'Isabelle Monnin avec la musique d'Alex Beaupain à télécharger

Editions Pocket
1er septembre - Ric Rac d'Arnaud Le Guilcher
7 septembre - La fille du train Paula Hawkins

Editions 10_18
18 août - Oréo de Fran Ross

Editions J'ai lu
7 septembre - Un amour impossible de Christine Angot

Pour l'instant rien trouver qui me plaise chez Folio.

Je vais aller fureter dans les librairies et on verra avec quel panier je ressortirai...si je me serai décidée pour tous les livres de ma mini sélection, pour quelques livres seulement, pour d'autres livres. Suspense.

*

Mercredi 23 novembre 2016

J'ai arrêté ma liste et fait mes achats. J'ai gardé Amélia et Les gens dans l'enveloppe. 
Finalement j'ai trouvé chez Folio Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie et la version illustrée de Charlotte de David Foenkinos.
J'ai lu et aimé La septième fonction du langage de Laurent Binet dont je vous livre un commentaire si vous cliquez sur le lien. J'ai beaucoup moins apprécié le best-seller La fille du train, si j'ai été embarquée dans l'histoire dès les premières pages, tout s'est vite essoufflé et je me suis ennuyée. Mais j'ai mis la main sur une valeur sûre du roman policier, Elizabeth George, Juste une mauvaise action. Je serai heureuse de retrouver l'enquêtrice Barbara Havers et l'inspecteur Thomas Linley. Là je vous parle des livres de poche, mais Elizabeth George vient de sortir un nouveau grand format, Une avalanche de conséquences...j'en ai donc pas fini avec les fins limiers anglais. Pour l'heure je suis l'enquête que Philippe Jaenada mène sur Pauline Dubuisson dans son livre La petite femelle. Je lis cette enquête fournie après le roman sur la même Pauline Dubuisson de Jean-Luc Seigle, Je vous écris dans le noir. Roman qui m'a laissée dubitative mais j'en reparlerai.
EnregistrerEnregistrer

Les Intéressants de Meg Wolitzer

Les intéressants Meg Wolitzer livre de poche


Le roman (américain) commence dans un camp de vacances pour adolescents artistes...amateurs de danse, de musique, de dessin, de théâtre. Julie, enfant d'une famille monoparentale modeste (son père est mort à la quarantaine d'une crise cardiaque), y rencontre d'autres adolescents dont les fortunés Ash et Goodman qui la fascinent.
Les amitiés adolescentes sont puissantes ; elles nous hantent toute la vie. Nous suivons donc le destin de Julie. Deviendra t-elle comédienne à New York ? Se mariera t-elle avec Ethan ? Avec Goodman ? Jonah exploitera t-il son talent de musicien ? Le roman présente les ascensions et désillusions de ces adolescents devenus adultes dans un roman dense mais un peu ardu. Les thèmes soulevés : la réussite, le mariage, les espoirs déçus ou habités, l'argent, la jalousie, l'amitié, la famille sont universels...et peu glorieux. Lectrice, je retrouve, comme en miroir, les difficultés de la vie moyenne. A quoi, à qui suis-je destinée ? Pourquoi ai-je réussi ceci et pas cela ? Aurais-je pu faire mieux ? Où dois-je aller ? Est-ce ce que je veux vraiment ? Suis-je heureuse ? Le bonheur est-il possible ? 
Roman réaliste, troublant, philosophique, intéressant.

Les Intéressants, Meg Wolitzer au Livre de Poche

Après cette plongée dans l'Amérique du XXème siècle, je reviens dans la capitale française, au coeur de l'aristocratique XIX ème siècle, avec La part des flammes de Gaëlle Nohant. Et je repère les livres de la rentrée littéraire version poche. Retour sur tout ça lundi prochain.

Quilts de la fugitive

J'ai recensé les quilts évoqués dans le roman La dernière fugitive de Tracy Chevalier dans l'idée d'en confectionner un...un jour...pour suivre l'idée du concours de France Patchwork.

*

1 - Le quilt de Biddy (page 14) : un patchwork de losanges marron, jaune et blanc cassé assemblés en étoile de Bethléem à huit branches, surpiqué de motifs de harpes et agrémenté d'une bordure de plumes.
 2 - Le quilt de l'amitié (page 14) : chaque bloc avait été confectionné et signé par une amie ou une parente différente et était composé de carrés et de triangles marron, vert et blanc cassé avec une partie blanche signée par son auteur. Ce patchwork présente un simple motif en losanges (page 39).
3 - Le quilt du voyage (page 20) : des hexagones en tissu jaune et blanc cassé à assembler en rosaces pour un quilt jardin de grand-mère. Honor a jeté nombre de ces hexagones dans l'océan durant sa traversée de l'Atlantique. Plus tard, en Amérique, elle reprend le quilt avec quelques hexagones conservés et des bouts de tissus récupérés de ci de là. Honor réalise des rosaces marron et vertes, amorce une étoile de Bethléem dans diverses nuances de jaunes (page 106). Elle poursuit en ajoutant d'autres couleurs, du rouge, un autre vert...Elle sort les coupons spéciaux mis de côté : les soies jaunes et ambrées de Belle, la robe marron de Grace, les losanges couleur rouille de la robe de mariée de la fille de Madame Reed. Une bonne centaine de rosaces sont déjà réalisées (page 309).
4 - Le quilt de Grace (page 28) : un quilt blanc surpiqué d'un délicat médaillon central en forme de rose et de bordures géométriques avec des losanges superposés dans l'espace intermédiaire.
5 - Chez Belle (page 44) : un quilt présentait des losanges oranges, jaunes et rouges qui formaient une étoile de Bethléem au centre.
6 - Le quilt d'Abigail (page 107) : la première fois qu'elle l'aperçoit, Honor remarque un appliqué de fleurs rouges et feuilles vertes jaillissant d'un vase rouge, cousu sur un fond blanc. Un peu plus tard, elle remarquera aussi des fruits dans des coupes, aux dominantes rouges et vertes toujours sur fond blanc (page 150). Le matelassage est réalisé à partir de doubles lignes parallèles qui doivent être piqués en losanges. Des points doivent également être faits dans les fleurs et les feuilles pour en reproduire les formes. En guise de support, je suppose la doublure, une toile bleue (page 151).
7 - Le patchwork de Dorcas (page 230-231) : un motif d'appliqué appelé "couronne du président", fait de cercles de fleurs rouges et de feuilles vertes sur un tissu blanc et disposés en blocs répétés. En bordure, d'abord du rouge uni et une bordure extérieure de vigne vierge, puis encore des fleurs rouges tout autour. Honor décide d'utiliser des tissus imprimés plutôt qu'unis. Les tissus rouges sont à pois bleus et les tissus verts à pois jaunes. Pour la bordure Honor voudrait réaliser une frise de plumes.
8 - Le quilt de Madame Reed (page 279) : il est composé de bandes de tissus cousues ensemble pour former des carrés rudimentaire dans les tons bleus, gris, blanc cassé et marron, entre lesquels, de temps à autre, s'intercalait une bande jaune.
9 - Le quilt de Belle (page 371) : quilt étoile de l'Ohio où des carrés et des triangles composaient des étoiles à huit branches dans des teintes rouges et brunes.
10 - Le quilt de Comfort (page 390 - 391) : un motif étoile de l'Ohio composé de triangles et de carrés en marron et jaune, rouge, blanc cassé et rouille.

*

Je commence quelques recherches complémentaires sur les motifs évoqués.
Etoile de Bethléem 
gabarit patchwork etoile de bethleem
Gabarit chez Au fil de l'autre

Etoile de l'Ohio
gabarit etoile de l'Ohio
Gabarit chez BoutisPatchwork

Bordure plumes
stencil plumes
Stencil chez La couserie créative
Bordure feuilles de vigne
stencil patchwork feuilles de vigne
Stencil chez La couserie créative
Pas trouvé ce que pourrait être la "couronne du président" peut-être faudrait-il jeter un coup d'oeil au livre/recueil de couvre-lits anciens New York Beauty de Bill Volckening.

*
Pas trop d'idée sur lequel choisir...En furetant sur le net je sais qu'il y a un quilt de l'amitié en cours chez Mamounette. Elle a demandé à ses amies, à sa famille etc de lui confectionner chacun un carré signé. Sur son blog on voit le premier carré arrivé. Son défi sera de tout assembler harmonieusement ou pas..."présentant un simple motif en losanges, le patchwork n'était pas particulièrement beau : son exécution variait en fonction de l'habileté des couturières, et sa conception d'ensemble n'était pas celle qu'Honor aurait choisie. Mais elle n'aurait jamais pu le donner à quiconque : il avait été fabriqué pour elle en souvenir de la communauté.


EnregistrerEnregistrer

La dernière fugitive Tracy Chevalier

livre Tracy Chevalier La dernière fugitive

Pour fuir un amour déçu, Honor suit sa soeur Grace dans la traversée de l'Atlantique. De Bridport, Angleterre, elles doivent rejoindre Adam Cox, futur époux de Grace dans l'Ohio, Etats-Unis. Mais Grace ne survit pas au voyage terrassée par la fièvre jaune. Honor sera accueillie par le mari promis. Elle s'installe alors dans un étrange et inconfortable ménage à trois ; Adam Cox accueille également sous son toit sa belle-soeur, veuve de son frère Matthew. Bientôt elle rencontrera Jack qui lui demandera sa main. Elle devra alors rejoindre la ferme familiale et trouver sa place entre mari, belle-soeur et belle-mère. Elle découvrira l'Amérique...terre d'espérance, terre des possibles, terre de renouveau, terre d'esclavage, terre puritaine, terre de harcèlement. Honor est quaker, membre d'un mouvement religieux sans clergé, sans rite, sans sacrement, fondé sur l'expérience de la lumière intérieure que chacun porte en soi. Comment issue d'une société où la liberté est une des premières valeurs morales pourra t-elle ne pas braver les interdits d'une société américaine qui juge que la place des Noirs est dans l'esclavage. Comment au coeur de l'Ohio, terre de passage vers la Canada où les hommes sont libres, ne pas aider les esclaves à traverser les frontières ? Seule, loin de son pays, de sa famille et de ses amis, Honor devra trouver des réponses.

*

L'histoire d'Honor est aussi prétexte à découvrir l'existence de l' Underground Railroad. Un "chemin de fer souterrain", un réseau qui aida entre 1830 et 1860 les esclaves à fuir les états esclavagistes des Etats-Unis pour le Canada. La question du pourquoi de l'esclavage est traitée sèchement par l'auteur qui la réduit tout à fait à ce qu'elle est : une simple commodité économique. Tellement de raisonnances avec  diverses situations d'aujourd'hui. L'autre fil, plus léger que l'on suit, est l'importance des patchworks dans les traditions anglosaxonnes...ils font partie intégrante de la dote...Honor, particulièrement douée pour les travaux d'aiguille, en réalise plusieurs qui sont brièvement décrits tout au long du roman.
France Patchwork propose dans le cadre du concours  "Le quilt de la fugitive" d'en réaliser un à partir des indications données par Tracy Chevalier dans son roman. Je ne suis pas adhérente à France Patchwork, je ne participerai pas au concours, mais j'ai trouvé amusant de prendre quelques notes lors de ma lecture...peut-être me lancerai-je dans l'interprétation d'un des quilts du roman.

La dernière fugitive, Tracy Chevalier, Editions de poche Folio

Le siècle de Ken Follett

livre de poche, le siècle, ken follett


Les amoureux des romans historiques...mais néanmoins modernes connaissent certainement déjà Ken Follett. 
J'aime beaucoup ces romans fleuves où l'on suit le destin de plusieurs personnages, souvent des familles, à travers l'Histoire. On (Télérama) lui reproche un peu de ne pas fouiller la psychologie de ses personnages...bah oui l'écriture est fluide, elle avance et on ne s'ennuie pas.
Je suis une inconditionnelle des romans de poche, transportables, facilement rangés ou posés ici et là, moins chers. 
La dernière oeuvre de Ken Follett est la trilogie Le siècle. Depuis 2012, j'ai lu tous les deux ans un gros roman d'environ 1000 pages et suivi le destin de familles d'Angleterre, de Russie, des Etats-Unis et d'Allemagne à travers le XXème siècle.
Le siècle 1, bleu, La chute des géants. On assiste à l'affaissement de l'aristocratie. En Angleterre les mineurs se rebellent ; en Russie, la révolution russe brûle les palais et installe le communisme. Dans une Europe en guerre (1914-1918) certains fuiront vivre l'American dream.
Le siècle 2, jaune, L'hiver du monde. Les ouvriers anglais gagnent des victoires et c'est au tour des femmes, qui ont vécu, elles aussi, la guerre, combattantes, de demander l'émancipation et de se mêler de politique. En Russie, de nouveaux puissants, communistes, enfantent d'une dictature. En Allemagne, Hitler gagne le pouvoir et le nazisme s'installe. La seconde guerre mondiale éclate. 
Le siècle 3, Aux portes de l'éternité. C'est la mondialisation, on passe plus que jamais d'un pays à l'autre. On voudrait se métisser mais les tensions raciales sont vives. Aux Etats-Unis, les luttes pour les droits civiques des Noirs sont source de grandes violences. En Angleterre, l'industrie musicale et culturelle devient puissante et source de richesses. En Allemagne le mur de Berlin divise les familles et les mondes qui s'affrontent dans une guerre froide. Mais la Russie est malade...
*
Aux Editions Le livre de poche

Je suis Pilgrim de Terry Hayes

Voilà un moment que je n'avais pas lu un si bon polar...et pourtant tout partait mal entre nous. Je lorgne toujours sur les tables Romans Policiers des librairies mais ces derniers temps, rien ne me séduisait...J'avais bien vu Je suis Pilgrim mais la lecture de la quatrième de couverture m'avait laissé de marbre. Et puis une chroniques radio bien sentie (c'est-à-dire très enthousiaste) m'a mis le pied à l'étrier et j'ai acheté le roman de cet anglais émigré en Australie et scénariste à Hollywood. 900 pages de page turner. C'est un nouveau James Bond, un agent secret doué qui mène de front deux enquêtes avec les moyens du renseignement américain. Intéressant que le méchant soit un Arabe de Djeddah qui manie aisément les nouvelles technologies...Intéressant qu'on voyage de Moscou à l'Hindu Kush (Afghanistan) en passant par la Turquie. C'est une bonne enquête, haletante, écrite simplement et découpée en mini chapitres (pratiques pour arrêter puis reprendre). Peu de personnages, beaucoup de paysages, un agent secret crédible, froid mais pas inhumain, des méchants, méchants mais avec, pour certains, des circonstances atténuantes. Bref un très bon roman aux éditions Le Livre de Poche.
Je suis pilgrim Terry Hayes

Constellation, le livre

constellation Adrien Bosc
Constellation : avion de ligne quadrimoteur pressurisé capable de franchir une distance de cinq mille six cents kilomètres d'un seul tenant. 

Les catastrophes aériennes se succèdent. La disparition du vol MH370 quelque part le 8 mars 2014, 239 passagers. L'explosion du vol MH17 à Donetsk, le 17 juillet 2014, 283 passagers. Le vol 9525 qui se jette dans une montagne des Alpes de Haute Provence, le 24 mars 2014 avec 144 passagers. Le vol 9268 s'écrase au milieu du Sinaï égyptien le 31 octobre 2015 avec 217 passagers. Les images d'avions éventrés, de débris éparpillés et de familles en pleurs se succèdent à la télévision dans une succession de chiffres et de sigles. Et pour nous, qui regardons l'écran, il se passe quoi ? Un léger pincement au coeur pour les familles de passagers et une sorte d'éphémère soulagement. Heureusement que je n'avais rien à faire dans un vol Amsterdam-Kuala Lumpur, heureusement que ce n'était pas moi ou ma mère, mon frère, mon ami, mon enfant...sinon nos vies se seraient brisées. Et pour les médias nous n'aurions été que des passagers anonymes, comptabilisés parmi 239, 283, 144 ou 217 et pourtant...
Derrière les chiffres, les circonstances et les hasards se cachent des vies. Dans son roman, Constellation, Adrien Bosc s'attarde un instant sur les passagers et les membres de l'équipage du vol Paris-New York d'Air France qui s'est écrasé le 28 octobre 1949 aux Açores. Bien sûr on a entendu parler de Marcel Cerdan, célèbre boxeur, amant d'Edith Piaf, mais le romancier s'attache à ébaucher certaines des  47 autres vies.  Le roman est travaillé en courts chapitres chacun précédé d'une citation. En si peu de pages, il n'est pas question d'attachement ou d'exhaustivité juste de l'évocation d'un homme ou d'une femme, comme cette jeune Amélie Ringler, ouvrière bobineuse à l'usine de coton Dollfus Mieg et Compagie de Mulhouse qui part pour Detroit, USA, reprendre l'usine de bas nylon léguée par sa marraine. Vous comprenez ? On aimerait en savoir plus sur Amélie, savoir comment ça s'est passé en Amérique, est-ce que ce fût l'American dream, tout ça,  mais sa vie s'est arrêtée là  dans une catastrophe aérienne ou dans l'itinéraire d'un vol raté.

Constellation, Adrien Bosc, Le Livre de Poche


Beautiful People


Yves Saint Laurent  Karl Lagerfeld

Avant d'aller voir les films de Jalil Lespert et de Bertrand Bonello consacrés à Yves Saint Laurent, je m'étais promis de lire le livre Beautiful People écrit par Alicia Drake et sous titré Saint Laurent, Lagerfeld : splendeurs et misères de la mode, mais je n'ai pas eu le temps de le faire. J'ai vu les deux films et j'ai pris le temps de lire le livre, après. Je croyais que cela aurait été mieux de lire le livre avant mais je crois que cela n'a aucune importance tant les oeuvres cinématographiques sont romancées par rapport à l'essai, quasi "scientifique" d'Alicia Drake.
La journaliste britannique autopsie l'enfance, les débuts et la vie des deux créateurs. On apprend peu de secrets (pourquoi Karl Lagerfeld a t-il voulu faire interdire le livre à sa parution arguant d"atteintes à sa vie privée ?"). Saint Laurent était un génie atteint d'une maladie mentale (tantôt maniaque, tantôt dépressif, alcoolique et drogué). Karl Lagerfeld a réécrit son enfance et totalement occulté la guerre 39-45. Bon. On a dans ce livre une description des années 70 dans l'univers de la mode. Années de créativité, de démesures, d'argent. Le petit monde de la mode, réuni en coteries, semble être dans un espace socio-temporel propre, comme déconnecté de toute réalité. Ils vivent entourés d'art, s'en inspire pour donner une ligne directrice à des collections qui ne sont, au final, que business.
Tout cela finit mal, balayé par le sida, la dépression, la lassitude ou le versatile des acheteuses, seul reste, accroché à un radeau Chanel, Karl Lagerfeld qui vaut sans doute plus vivant que mort.
C'est un bon livre, écrit comme un roman, mais un peu déprimant au final. Quelques anecdotes ont émoustillé ma curiosité : la bouche de la collection 71 de Saint Laurent et le tableau inspiré de Rousseau peint par Kenzo lui-même au mur de sa première boutique, et mon personnage préféré, le plus énigmatique et évanescent Jacques de Bascher. 

Jacques de Bascher Philippe Heurtault
Jacques de Bascher par Philippe Heurtault qui illustre l'article de Philippe Azoury
Kenzo peint le Douanier Rousseau
Kenzo inspiré par le Douanier Rousseau. Dommage que la photo soit en noir  et blanc !
Motifs Lèvres YSL 1971
Les lèvres de la collection YSL, 1971
Beautiful People Saint Laurent, Lagerfeld : splendeurs et misères de la mode  de Alicia Drake chez Folio.

Suite française, Irène Némirovsky

livre, Irène Némirovsky, suite française 

En 2004, Irène Némirovsky recevait, à titre posthume, le prix Renaudot.
Nouvel éclairage sur l'oeuvre de cet écrivain morte en déportation en 1942.
Le manuscrit de Suite française, tomes un et deux d'une saga qui devait en compter 5, avait été conservé soigneusement et pendant longtemps par ses filles Denise Epstein et Elisabeth Gille qui l'ont fait publier, en 2004 donc, aux Editions Denoël.
En 2004, je m'étais promis de lire ce roman et puis la vie va, le temps passe et je ne l'ai pas lu.
Au cinéma, voilà bien un mois, j'ai vu la bande annonce de l'adaptation cinématographique de ce roman et je me suis donnée une échéance : un mois pour lire le livre avant de peut-être aller au cinéma.
J'ai couru les librairies et j'ai acheté l'édition de poche, un peu, bêtement ?, déçue de ne pas retrouver sur la couverture le visage de l'auteur en noir et blanc, un peu sépia, comme dans mon souvenir, mais une reproduction du film à venir. Là n'était sans doute pas l'essentiel.
Je me suis plongée dans le livre, happée par la modernité de l'écriture. Les phrases sont simples et le découpage en courts chapitres semble avoir prévu l'ère de 2015 et sa tendance à la concentration courte durée. On va d'une famille à l'autre, les Péricand, les Michaud, Corte, Langelet, vivant avec eux les "préparatifs" de l'exode. Tous sont persuadés, les nouvelles, les amis ou connaissances dans les ministères ou les institutions, le disent, Paris sera bombardée. Il faut fuir vers la province, en train, en voiture, à pieds. Aucun personnage n'est sympathique - il y a ceux qui ont tout simplement peur, ceux qui suivent les ordres qu'on leur donne, ceux qui se préoccupent de conserver le plus d'effets personnels ou tout ce qui est nécessaire pour continuer, ailleurs, leur vie mondaine - mais on a envie de les suivre et de savoir comment ils vont s'en sortir.
Dans la seconde partie, on est dans la France occupée par les Allemands. Certains personnages ont été perdus, vivants ou morts, sur la route de l'exode, d'autres apparaissent, Lucile et Madeleine par exemple, on vit avec elles dans cette France étrange où le soleil se lève chaque matin à l'est, les oiseaux chantent au printemps, la musique envahit les bars les jours de repos et où la douceur de vivre cache bien des noirceurs.
La biographie d'Irène Némirovsky, morte à Auschwitz, peut rebuter de prime abord ; je veux dire, par exemple, lorsque j'ouvre un livre de littérature sur cette période de l'histoire de France, je suis toujours un peu fébrile, j'ai peur d'avoir mal, comme pour Le silence de la mer de Vercors ou Si c'était un homme de Primo Lévi , mais c'est un tort. C'est un livre très fort mais pas larmoyant. On ne se retrouve pas dans la position du lecteur extérieur qui "regarde" un drame se dérouler devant ses yeux, la narration est telle qu'on a l'impression d'être à l'intérieur de l'époque, de prendre nous aussi le chemin de l'exode, de nous cacher à la va vite dans les fourrés et d'espérer qu'aucune bombe ne mettra fin à notre vie prématurément dans un lieu inconnu. Nous aussi, lecteurs,  nous rejoignons une petite ville, un village, de province paisible mais où des choses bizarres se passent.
Le roman est suivi par des notes prises par Irène Némirovsky pendant la rédaction de son roman. Pensées quotidiennes sur l'état de la France ou tel ou tel personnage de son roman. C'est vraiment intéressant de jeter un oeil sur les carnets, annexes, d'un roman entrain de se faire dans les années 40 en France. Encore après suit la correspondance 1936-1945 entre Irène Némirvovsky et son éditeur Albin Michel puis celle entre Michel Epstein, l'époux de l'auteur, et l'éditeur. Terrible, terrible, terrible, de lire un père chercher quelques nouvelles, même mauvaises, de sa femme, internée dans un camp, et préparer la cachette et la vie de ses petites filles quand il ne sera plus là parce que "nous vivons des heures angoissantes qui peuvent devenir tragiques du jour au lendemain".
*
A explorer : Les Oeuvres complètes d'Irène Némirovsky regroupées en deux tomes aux éditions Le livre de poche. Le mirador, la biographie romancée d'Irène Némirovsky écrite par sa fille Elisabeth Gille.

Lectures de l'été

livres littérature américaine

J'ai fait le plein de livres pour l'été. Je ne sais comment ça se passe pour vous mais pour moi, chaque soir, je ferme et j'éloigne ordinateur, tablette, smartphone et je me réserve un moment de lecture. Parfois le sommeil m'appelle au bout de vingt minutes, parfois les personnages m'amènent au milieu de la nuit.
Je vous présente mes emplettes pour passer un bon été.
Cristina Alger Park Avenue. Je l'ai déjà terminé. Il m'a amenée à New York dans le milieu de la finance. Quelques petits détails techniques sur les fonds d'investissement que je ne suis pas certaine d'avoir vraiment compris, en fait, mais ce n'est pas très grave puisque plus que de dénoncer (ou témoigner sur) le milieu de la finance américaine le roman parle des liens familiaux, de la confiance, des choix auxquels nous devons, tous, un jour faire face et des renoncements que nous devons envisager pour nous trouver en accord avec nous mêmes. Plaisant mais loin derrière le terrible et formidable Bûcher des vanités de Tom Wolfe, lu, aimé, approuvé il y a déjà plusieurs années.
D'ailleurs, je lis chaque roman de Tom Wolfe sans jamais être déçue.  J'ai sur mon étagère "à lire" Bloody Miami dont on me promet qu'il sera drôle, méchant, vulgaire et juste.
C'est aussi rituel, je lis les romans de Jeffrey Eugenides (il en a écrit trois en dix huit ans...). J'avais dévoré Middlesex qui racontait l'histoire d'une fille qui se sentait garçon...Le roman du mariage narre celle d'une fille et de deux garçons. Triangle amoureux ?
Couverture argentée, bling bling, pour le Karoo de Steve Tesich. Karoo, présenté comme un personnage égoïste et cynique, ment, boit et se brûle jusqu'à la tragédie ? En tout cas c'est un roman des années 90, posthume puisqu'il fût achevé quelques jours avant la mort brutale de l'auteur et publié peu après.
Pour en terminer avec la littérature américaine, un document, des chroniques - L'Amérique - de Joan Didion. Onze textes sur les années 6070 en Californie. La préface promet une prose laconique, sèche, lyrique et cruelle.
En ce moment je lis La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, roman distingué plusieurs fois, de Joël Dicker (un écrivain suisse francophone). En fait, je ne quitte pas vraiment l'Amérique...puisque tout se passe à Aurora, New Hamphire, Etats-Unis et il s'agit d'élucider les meurtres de Deborah Cooper et de la jeune et jolie Nola Kellergan. Ultraprenant et aussi fascinant qu'un tableau de Hopper.

portrait of orleans edward hopper 1950


Période Stefan Zweig



Période Stefan Zweig chez moi.
Je lis la biographie de Marie Stuart, écrite par Stefan Zweig et traduite par Alzir Hella. C'est une lecture exigeante ; je ne  réussis à lire que quelques pages chaque soir surtout lorsque sont glissés des poèmes ou des lettres d'époque. La langue du livre est complexe ; les phrases sont entremêlées dans une construction grammaticale élaborée. La trame de fond est historique, mais même si documentée, Stefan Zweig préfère à la forme scientifique qu'on pourrait attendre d'une biographie une forme plus proche du roman. L'auteur semble s'intéresser autant à la psyché de ses personnages qu'à leur destin. Evidemment c'est assez passionnant...mais il faut s'accrocher.
D'un abord beaucoup plus simple, on peut aller voir au cinéma le dernier film de Patrice Leconte Une promesse adapté d'une nouvelle de Zweig. Allemagne, 1912, un jeune diplômé devient le secrétaire particulier d'un homme âgé, patron d'une usine de sidérurgie. L'état de santé de ce dernier se dégrade et lui impose de rester à son domicile. Il y accueille le jeune homme pour travailler. L'épouse du patron est une femme de trente ans, belle et réservée. Le jeune homme s'éprend d'elle, sans oser révéler ses sentiments. Dans le huit-clos de la demeure couve une passion amoureuse. J'ai bien aimé le film même si ce n'est pas un chef d'oeuvre. J'ai aimé les jeux de couleurs, un parc traité au printemps ou en été avec des couleurs chaudes du temps du bonheur, et qui devient bleu-gris du temps de la guerre et de l'exil. La musique, délicate, accentue la touche romantique du film. Facture classique pour un film avec quelques lenteurs. Les acteurs sont excellents, mention spéciale à la jolie Rebecca Hall, une jeune épouse parfaite dont la vie s'effrite dès la révélation de cet amour inattendu. Peut-être vais-je relire un jour, j'ai acheté beaucoup de livres dernièrement, l'original Voyage dans le passé.

Amazon, E.Leclerc et le libraire

livres de poche
1) Carrément cheesecake 2) L'art du jeu Chad Harbach 3) Les revenants Laura Kasischke
4) Marie Stuart Stefan Zweig 5) Le confident Hélène Grémillon 6) Derrière la haine Barbara Abel

***

Evidemment on arrête pas de taper sur Amazon.
Parce que Amazon paie mal ses impôts.
C'est vrai en France, c'est vrai aux Etats-Unis, c'est vrai dans tous les états de droit.
Amazon profite des failles du système et cache ses bénéfices dans les paradis fiscaux grâce à des montages financiers abracadabrantesques.
Et en plus il parait que, dans les entrepôts Amazon, les conditions de travail ne sont pas jolies jolies...

N'empêche qui a déja testé les services Amazon...doit avouer que le service client, à l'américaine, est pour le moins efficace.
On sait ce qu'ils ont en stock et quand la commande est susceptible d'arriver à la maison. Quand il n'ont pas en stock et qu'on place une option on ne paie qu'à partir du moment où ils envoient la commande et ils envoient vraiment la commande.
J'aime beaucoup leur système liste d'envies que j'utilise comme un mémo. Et j'aime aussi les critiques des internautes qui ont déjà acheté le produit... Et puis il faut aussi parler des 5% et de la livraison gratuite (qui leur coûte un bras mais comme ils ne paient pas bien leurs impôts on ne les plaindra pas). Bien sûr j'aime moins leur e-mail promotionnel quotidien basé sur la surveillance de ma navigation sur leur site (et peut-être sur Google...qui sait...). J'aime moins qu'ils gardent mes coordonnées bancaires...Mais bon...business is business...

Comme il ne faut pas mourir idiot, j'ai décidé de tester aussi le e-service de E. Leclerc. Je commande et paie sur Internet. Le produit n'est pas en stock mais on me promet une livraison gratuite en magasin en fin de semaine suivante avec 5% à la clé. Au final le même prix que si je commande sur Amazon et je passe chercher mon livre en même temps que mon Coca-Cola Zéro. Ceci se passe le 13 août. On m'envoie immédiatement après ma commande un e-mail pour me prévenir que mon livre ne sera en magasin que le 26 août. Bon. Finalement il est là le 19 août.

J'ai aussi essayé le système cross-canal (acheté sur internet, livré en magasin) avec ma librairie locale qui fait aussi 5% de réduction dans ce cas-là et uniquement dans ce cas-là. Pas de souci. 
Sinon j'achète encore des livres directement dans les librairies, plaisir de flâner dans les rayons... Mais je me demande pourquoi il faudrait que je continue coûte que coûte à soutenir les petits libraires...qui sont plus chers (certes ils ne paient pas leurs impôts dans les paradis fiscaux) et pas plus aimables que la vendeuse du E.Leclerc...Surtout quel est désormais leur plus, outre les aspects sociaux (impôts) ? Ils écrivent parfois des petits papiers critiques pour nous guider dans nos choix mais quoi d'autre ? Quand on leur demande un conseil, ils semblent toujours avoir autre chose de plus urgent à faire. Ils organisent de moins en moins de rencontres, lectures avec les auteurs (quand ils en organisent). 

Je ne privilégie aucune voie de distribution en particulier. In fine, je ne sais pas qui gagnera...Amazon sans doute...et peut-être même le livre électronique auquel je ne me suis pas encore convertie...