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Thrillers de l'été

livres, la fille du train paula hawkins, amelia kimberly mccreight

L'été, ce moment où le temps semble décélérer, est propice à la lecture de romans policiers. En vrai, j'aime bien lire de temps en temps, un polar. Cette année j'ai choisi La fille du train de Paula Hawkins et Amélia de Kimberly McCreight.
La fille du train c'est Rachel, une londonienne paumée parce que fraîchement divorcée, parce qu'alcoolique. Chaque jour, elle voyage de son appartement de banlieue (en colocation) à son bureau au coeur de la ville en train. De la fenêtre du wagon, elle aperçoit chaque jour la vie d'un couple surnommé Jess et Jason...tendre routine qui se grippe le jour où Jess disparaît après ce qui a semblé être une dispute. Rachel décide alors de mener l'enquête...mais peut-on faire confiance à une femme qui boit ? C'est un best-seller qui dit traiter de la violence domestique et de l'alcoolisme féminin...certes...mais j'ai été déçue. Je n'ai pas réussi à m'attacher à Rachel. On a franchement envie de la secouer ! L'intrigue est bizarre et je ne suis pas certaine d'y avoir cru !

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J'ai bien plus apprécié Amélia. Kate, brillante avocate, mère célibataire, qui vit à Brooklyn apprend un jour d'automne la mort, par suicide, de sa fille unique Amélia. Elle est inconsolable, ne croit pas vraiment au suicide, remet en doute ses qualités maternelles, reprend le fil du jour J et des jours d'avant. L'enquête est menée par les voix de Kate et d'Amélia, sa fille d'adolescente est ponctuée de SMS, de statuts Facebook et d'une newsletter cruelle sur la vie (sexuelle) du lycée. Roman moderne, bien senti, sur l'adolescence 2.0, sur la solitude, sur l'ambition. Un bon roman.

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La septième fonction du langage, Laurent Binet

La septième fonction du langage, Laurent Binet
Sur la liste des livres de poche établie en septembre dernier, j'ai retiré un ou deux livres pour en ajouter un ou deux autres. Je n'ai pas trouvé Oréo de Fran Ross  et ai renoncé pour l'instant à Christine Angot et Arnaud Le Guilcher. Je me suis laissée tenter par la version illustrée de Charlotte de David Foenkinos  et je viens de commencer La petite femelle de Philippe Jaenada après hésitation avec le dernier Elisabeth George sorti en poche Juste une mauvaise action.

Côté polar, j'ai terminé La fille du train best-seller de Paula Hawkins. Et bof bof...si au début l'intrigue m'a plu, j'ai vite été agacée par le rythme, par les personnages juste effleurés, par le style banal. Bref, je n'en garderai pas un souvenir impérissable.

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En revanche je me suis réjouie avec La septième fonction du langage de Laurent Binet. On se plonge au milieu de l'intelligentsia parisienne d'hier (l'histoire commence le 25 février 1980). Imaginez rencontrer Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser, Umberto Eco et d'autres. Tout commence avec la mort du sémiologue Roland Barthes. Etre renversé par une camionnette conduite par un chauffeur bulgare au sortir d'un déjeuner avec un candidat à la présidentielle, c'est suspect. Forcément. Jacques Bayard, policier, est chargé de mener l'enquête sur cette mort inattendue. Mais il est perdu dans la sémiologie. Il s'octroie donc les services d'un jeune professeur de l'université de Vincennes Simon Herzog. 
Roman didactique, Laurent Binet et Umberto Eco nous expliquent 1)la sémiologie 2)les six fonctions du langage énoncées par Roman Jakobson 3)ce que pourrait être la septième fonction. Philippe Sollers nous montre, au sacrifice d'une partie de son corps, ce qu'on pourrait faire si on possédait cette septième fonction  et ce qu'on fait en ne la possédant pas...C'est drôle et érudit. Bien sûr quelques passages sont longs et d'autres écrits en italien, mais le tout reste bien enlevé et truffé d'anecdotes. Vous saviez, vous, que Louis Althusser avait étranglé sa femme ? Que Derrida était ami avec Paul de Man et en guerre avec Searle?
Roman (un peu) politique, vue à gauche (Sartre, Foucault...), gauche imparfaite (Mitterrand, Bernard-Henri Lévy...), Bianca (amie italienne de Simon, le thésard de Vincennes)  confesse " sa haine des bourgeois qui accaparent toutes les richesses et affament le peuple. Tu te rends compte, Simon, qu'il y a des bourgeoises qui dépensent des centaines de milliers de lires pour acheter un sac à main. Un sac à main, Simon !". Que les femmes sont futiles !
Que les intellectuels parlent philosophie, histoire, lutte des classes et c'est intéressant, qu'ils parlent des femmes et ça devient franchement bizarre.

Rentrée littéraire en poche

citation, lire

Lundi 29 août 2016

La rentrée des livres de poche 2016 se prépare du côté de chez moi. Voici les livres que j'ai en tête guidée par ce qui défile sur les réseaux sociaux des maisons d'éditions et sur les souvenirs que j'ai des descriptions, devrais-je dire critiques, des sorties grand format.

Editions le livre de poche
31 août - Amélia Kimberly McCreight et La septième fonction du langage de Laurent Binet
7 septembre - Les gens dans l'enveloppe d'Isabelle Monnin avec la musique d'Alex Beaupain à télécharger

Editions Pocket
1er septembre - Ric Rac d'Arnaud Le Guilcher
7 septembre - La fille du train Paula Hawkins

Editions 10_18
18 août - Oréo de Fran Ross

Editions J'ai lu
7 septembre - Un amour impossible de Christine Angot

Pour l'instant rien trouver qui me plaise chez Folio.

Je vais aller fureter dans les librairies et on verra avec quel panier je ressortirai...si je me serai décidée pour tous les livres de ma mini sélection, pour quelques livres seulement, pour d'autres livres. Suspense.

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Mercredi 23 novembre 2016

J'ai arrêté ma liste et fait mes achats. J'ai gardé Amélia et Les gens dans l'enveloppe. 
Finalement j'ai trouvé chez Folio Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie et la version illustrée de Charlotte de David Foenkinos.
J'ai lu et aimé La septième fonction du langage de Laurent Binet dont je vous livre un commentaire si vous cliquez sur le lien. J'ai beaucoup moins apprécié le best-seller La fille du train, si j'ai été embarquée dans l'histoire dès les premières pages, tout s'est vite essoufflé et je me suis ennuyée. Mais j'ai mis la main sur une valeur sûre du roman policier, Elizabeth George, Juste une mauvaise action. Je serai heureuse de retrouver l'enquêtrice Barbara Havers et l'inspecteur Thomas Linley. Là je vous parle des livres de poche, mais Elizabeth George vient de sortir un nouveau grand format, Une avalanche de conséquences...j'en ai donc pas fini avec les fins limiers anglais. Pour l'heure je suis l'enquête que Philippe Jaenada mène sur Pauline Dubuisson dans son livre La petite femelle. Je lis cette enquête fournie après le roman sur la même Pauline Dubuisson de Jean-Luc Seigle, Je vous écris dans le noir. Roman qui m'a laissée dubitative mais j'en reparlerai.
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Les Intéressants de Meg Wolitzer

Les intéressants Meg Wolitzer livre de poche


Le roman (américain) commence dans un camp de vacances pour adolescents artistes...amateurs de danse, de musique, de dessin, de théâtre. Julie, enfant d'une famille monoparentale modeste (son père est mort à la quarantaine d'une crise cardiaque), y rencontre d'autres adolescents dont les fortunés Ash et Goodman qui la fascinent.
Les amitiés adolescentes sont puissantes ; elles nous hantent toute la vie. Nous suivons donc le destin de Julie. Deviendra t-elle comédienne à New York ? Se mariera t-elle avec Ethan ? Avec Goodman ? Jonah exploitera t-il son talent de musicien ? Le roman présente les ascensions et désillusions de ces adolescents devenus adultes dans un roman dense mais un peu ardu. Les thèmes soulevés : la réussite, le mariage, les espoirs déçus ou habités, l'argent, la jalousie, l'amitié, la famille sont universels...et peu glorieux. Lectrice, je retrouve, comme en miroir, les difficultés de la vie moyenne. A quoi, à qui suis-je destinée ? Pourquoi ai-je réussi ceci et pas cela ? Aurais-je pu faire mieux ? Où dois-je aller ? Est-ce ce que je veux vraiment ? Suis-je heureuse ? Le bonheur est-il possible ? 
Roman réaliste, troublant, philosophique, intéressant.

Les Intéressants, Meg Wolitzer au Livre de Poche

Après cette plongée dans l'Amérique du XXème siècle, je reviens dans la capitale française, au coeur de l'aristocratique XIX ème siècle, avec La part des flammes de Gaëlle Nohant. Et je repère les livres de la rentrée littéraire version poche. Retour sur tout ça lundi prochain.

La dernière fugitive Tracy Chevalier

livre Tracy Chevalier La dernière fugitive

Pour fuir un amour déçu, Honor suit sa soeur Grace dans la traversée de l'Atlantique. De Bridport, Angleterre, elles doivent rejoindre Adam Cox, futur époux de Grace dans l'Ohio, Etats-Unis. Mais Grace ne survit pas au voyage terrassée par la fièvre jaune. Honor sera accueillie par le mari promis. Elle s'installe alors dans un étrange et inconfortable ménage à trois ; Adam Cox accueille également sous son toit sa belle-soeur, veuve de son frère Matthew. Bientôt elle rencontrera Jack qui lui demandera sa main. Elle devra alors rejoindre la ferme familiale et trouver sa place entre mari, belle-soeur et belle-mère. Elle découvrira l'Amérique...terre d'espérance, terre des possibles, terre de renouveau, terre d'esclavage, terre puritaine, terre de harcèlement. Honor est quaker, membre d'un mouvement religieux sans clergé, sans rite, sans sacrement, fondé sur l'expérience de la lumière intérieure que chacun porte en soi. Comment issue d'une société où la liberté est une des premières valeurs morales pourra t-elle ne pas braver les interdits d'une société américaine qui juge que la place des Noirs est dans l'esclavage. Comment au coeur de l'Ohio, terre de passage vers la Canada où les hommes sont libres, ne pas aider les esclaves à traverser les frontières ? Seule, loin de son pays, de sa famille et de ses amis, Honor devra trouver des réponses.

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L'histoire d'Honor est aussi prétexte à découvrir l'existence de l' Underground Railroad. Un "chemin de fer souterrain", un réseau qui aida entre 1830 et 1860 les esclaves à fuir les états esclavagistes des Etats-Unis pour le Canada. La question du pourquoi de l'esclavage est traitée sèchement par l'auteur qui la réduit tout à fait à ce qu'elle est : une simple commodité économique. Tellement de raisonnances avec  diverses situations d'aujourd'hui. L'autre fil, plus léger que l'on suit, est l'importance des patchworks dans les traditions anglosaxonnes...ils font partie intégrante de la dote...Honor, particulièrement douée pour les travaux d'aiguille, en réalise plusieurs qui sont brièvement décrits tout au long du roman.
France Patchwork propose dans le cadre du concours  "Le quilt de la fugitive" d'en réaliser un à partir des indications données par Tracy Chevalier dans son roman. Je ne suis pas adhérente à France Patchwork, je ne participerai pas au concours, mais j'ai trouvé amusant de prendre quelques notes lors de ma lecture...peut-être me lancerai-je dans l'interprétation d'un des quilts du roman.

La dernière fugitive, Tracy Chevalier, Editions de poche Folio

Je suis Pilgrim de Terry Hayes

Voilà un moment que je n'avais pas lu un si bon polar...et pourtant tout partait mal entre nous. Je lorgne toujours sur les tables Romans Policiers des librairies mais ces derniers temps, rien ne me séduisait...J'avais bien vu Je suis Pilgrim mais la lecture de la quatrième de couverture m'avait laissé de marbre. Et puis une chroniques radio bien sentie (c'est-à-dire très enthousiaste) m'a mis le pied à l'étrier et j'ai acheté le roman de cet anglais émigré en Australie et scénariste à Hollywood. 900 pages de page turner. C'est un nouveau James Bond, un agent secret doué qui mène de front deux enquêtes avec les moyens du renseignement américain. Intéressant que le méchant soit un Arabe de Djeddah qui manie aisément les nouvelles technologies...Intéressant qu'on voyage de Moscou à l'Hindu Kush (Afghanistan) en passant par la Turquie. C'est une bonne enquête, haletante, écrite simplement et découpée en mini chapitres (pratiques pour arrêter puis reprendre). Peu de personnages, beaucoup de paysages, un agent secret crédible, froid mais pas inhumain, des méchants, méchants mais avec, pour certains, des circonstances atténuantes. Bref un très bon roman aux éditions Le Livre de Poche.
Je suis pilgrim Terry Hayes

Constellation, le livre

constellation Adrien Bosc
Constellation : avion de ligne quadrimoteur pressurisé capable de franchir une distance de cinq mille six cents kilomètres d'un seul tenant. 

Les catastrophes aériennes se succèdent. La disparition du vol MH370 quelque part le 8 mars 2014, 239 passagers. L'explosion du vol MH17 à Donetsk, le 17 juillet 2014, 283 passagers. Le vol 9525 qui se jette dans une montagne des Alpes de Haute Provence, le 24 mars 2014 avec 144 passagers. Le vol 9268 s'écrase au milieu du Sinaï égyptien le 31 octobre 2015 avec 217 passagers. Les images d'avions éventrés, de débris éparpillés et de familles en pleurs se succèdent à la télévision dans une succession de chiffres et de sigles. Et pour nous, qui regardons l'écran, il se passe quoi ? Un léger pincement au coeur pour les familles de passagers et une sorte d'éphémère soulagement. Heureusement que je n'avais rien à faire dans un vol Amsterdam-Kuala Lumpur, heureusement que ce n'était pas moi ou ma mère, mon frère, mon ami, mon enfant...sinon nos vies se seraient brisées. Et pour les médias nous n'aurions été que des passagers anonymes, comptabilisés parmi 239, 283, 144 ou 217 et pourtant...
Derrière les chiffres, les circonstances et les hasards se cachent des vies. Dans son roman, Constellation, Adrien Bosc s'attarde un instant sur les passagers et les membres de l'équipage du vol Paris-New York d'Air France qui s'est écrasé le 28 octobre 1949 aux Açores. Bien sûr on a entendu parler de Marcel Cerdan, célèbre boxeur, amant d'Edith Piaf, mais le romancier s'attache à ébaucher certaines des  47 autres vies.  Le roman est travaillé en courts chapitres chacun précédé d'une citation. En si peu de pages, il n'est pas question d'attachement ou d'exhaustivité juste de l'évocation d'un homme ou d'une femme, comme cette jeune Amélie Ringler, ouvrière bobineuse à l'usine de coton Dollfus Mieg et Compagie de Mulhouse qui part pour Detroit, USA, reprendre l'usine de bas nylon léguée par sa marraine. Vous comprenez ? On aimerait en savoir plus sur Amélie, savoir comment ça s'est passé en Amérique, est-ce que ce fût l'American dream, tout ça,  mais sa vie s'est arrêtée là  dans une catastrophe aérienne ou dans l'itinéraire d'un vol raté.

Constellation, Adrien Bosc, Le Livre de Poche


Suite française, Irène Némirovsky

livre, Irène Némirovsky, suite française 

En 2004, Irène Némirovsky recevait, à titre posthume, le prix Renaudot.
Nouvel éclairage sur l'oeuvre de cet écrivain morte en déportation en 1942.
Le manuscrit de Suite française, tomes un et deux d'une saga qui devait en compter 5, avait été conservé soigneusement et pendant longtemps par ses filles Denise Epstein et Elisabeth Gille qui l'ont fait publier, en 2004 donc, aux Editions Denoël.
En 2004, je m'étais promis de lire ce roman et puis la vie va, le temps passe et je ne l'ai pas lu.
Au cinéma, voilà bien un mois, j'ai vu la bande annonce de l'adaptation cinématographique de ce roman et je me suis donnée une échéance : un mois pour lire le livre avant de peut-être aller au cinéma.
J'ai couru les librairies et j'ai acheté l'édition de poche, un peu, bêtement ?, déçue de ne pas retrouver sur la couverture le visage de l'auteur en noir et blanc, un peu sépia, comme dans mon souvenir, mais une reproduction du film à venir. Là n'était sans doute pas l'essentiel.
Je me suis plongée dans le livre, happée par la modernité de l'écriture. Les phrases sont simples et le découpage en courts chapitres semble avoir prévu l'ère de 2015 et sa tendance à la concentration courte durée. On va d'une famille à l'autre, les Péricand, les Michaud, Corte, Langelet, vivant avec eux les "préparatifs" de l'exode. Tous sont persuadés, les nouvelles, les amis ou connaissances dans les ministères ou les institutions, le disent, Paris sera bombardée. Il faut fuir vers la province, en train, en voiture, à pieds. Aucun personnage n'est sympathique - il y a ceux qui ont tout simplement peur, ceux qui suivent les ordres qu'on leur donne, ceux qui se préoccupent de conserver le plus d'effets personnels ou tout ce qui est nécessaire pour continuer, ailleurs, leur vie mondaine - mais on a envie de les suivre et de savoir comment ils vont s'en sortir.
Dans la seconde partie, on est dans la France occupée par les Allemands. Certains personnages ont été perdus, vivants ou morts, sur la route de l'exode, d'autres apparaissent, Lucile et Madeleine par exemple, on vit avec elles dans cette France étrange où le soleil se lève chaque matin à l'est, les oiseaux chantent au printemps, la musique envahit les bars les jours de repos et où la douceur de vivre cache bien des noirceurs.
La biographie d'Irène Némirovsky, morte à Auschwitz, peut rebuter de prime abord ; je veux dire, par exemple, lorsque j'ouvre un livre de littérature sur cette période de l'histoire de France, je suis toujours un peu fébrile, j'ai peur d'avoir mal, comme pour Le silence de la mer de Vercors ou Si c'était un homme de Primo Lévi , mais c'est un tort. C'est un livre très fort mais pas larmoyant. On ne se retrouve pas dans la position du lecteur extérieur qui "regarde" un drame se dérouler devant ses yeux, la narration est telle qu'on a l'impression d'être à l'intérieur de l'époque, de prendre nous aussi le chemin de l'exode, de nous cacher à la va vite dans les fourrés et d'espérer qu'aucune bombe ne mettra fin à notre vie prématurément dans un lieu inconnu. Nous aussi, lecteurs,  nous rejoignons une petite ville, un village, de province paisible mais où des choses bizarres se passent.
Le roman est suivi par des notes prises par Irène Némirovsky pendant la rédaction de son roman. Pensées quotidiennes sur l'état de la France ou tel ou tel personnage de son roman. C'est vraiment intéressant de jeter un oeil sur les carnets, annexes, d'un roman entrain de se faire dans les années 40 en France. Encore après suit la correspondance 1936-1945 entre Irène Némirvovsky et son éditeur Albin Michel puis celle entre Michel Epstein, l'époux de l'auteur, et l'éditeur. Terrible, terrible, terrible, de lire un père chercher quelques nouvelles, même mauvaises, de sa femme, internée dans un camp, et préparer la cachette et la vie de ses petites filles quand il ne sera plus là parce que "nous vivons des heures angoissantes qui peuvent devenir tragiques du jour au lendemain".
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A explorer : Les Oeuvres complètes d'Irène Némirovsky regroupées en deux tomes aux éditions Le livre de poche. Le mirador, la biographie romancée d'Irène Némirovsky écrite par sa fille Elisabeth Gille.