DIY Pique-Aiguilles

pique-aiguilles patchwork broderie point de croix
Le charm's en forme de ciseaux est une trouvaille du Salon pour l'amour du fil de Nantes.  J'en ai acheté deux autres sur le même thème couture...Pour trois nouveaux pique-aiguilles ?


Pourquoi je ne sais pas, je suis dans une période pique-aiguilles.
J'avais envie d'un nouveau pique-aiguilles. Jusque là j'utilisais des cupcakes au crochet réalisés pour feu le défi 13 et ça faisait l'affaire mais j'ai décidé de laisser place à un ou deux nouveaux venus.
Je me suis dit qu'il fallait commencer "petit", autrement dit facile, autrement dit carré géométrique. Ca tombait bien j'avais dans mon tableau pinterest dédié à la broderie un exemple épinglé par un blog sympa 'Judith for Joy' mais écrit dans une langue orientale, le tchèque si j'ai bien compris. Pas d'explications donc mais j'ai improvisé ; un carré n'aurait quand même pas ma peau !
Je me suis décidée sur la taille finale 10 X 10 cm.
Je me suis dit que le patchwork me permettrait d'utiliser des chutes de tissus.
Je me suis mis à la recherche de petites broderies sur le thème de la couture (bobines, épingles, dés à coudre, ciseaux). J'ai trouvé mon bonheur dans le petit livre 300 motifs au point de croix - Home Sweet Home - Véronique Enginger- Corinne Lacroix - Hélène Le Berre - Editions Mango Pratique. J'ai relevé aussi quelques motifs sympas dans le magazine Créations Point de Croix N°41H Août/Septembre 2014 (j'ai aussi vu des bobines de fil dans le dernier numéro à feuilleter...) et dans le livre Un brin de nostalgie de Véronique Enginger chez Mango.

Processus :
  • Couper 4 carrés de 7 cm. Deux dans de la toile à broder. Dans la continuité de ma thématique facile, j'ai opté pour de la toile Aïda et j'ai brodé des motifs au point de croix. Deux dans un coton à pois.
  • Epingler un carré brodé et un carré coton. Piquer sur un côté. Renouveler l'opération avec les deux autres carrés.
  • Placer les duos côte à côte en les intercalant. Repasser les coutures à plat. Piquer les 2 duos sur un côté. repasser les coutures à plat.
  • Couper un carré de 12 cm ou utiliser des chutes et constituer un carré de 12 cm. Superposer le avec le carré de patchwork précédant. Piquer les quatre côtés en laissant une ouverture de 5 cm. 
  • Retourner le coussin et le bourrer. J'ai utilisé une ouate synthétique.
  • Couser l'ouverture de 5 cm  à points cachés.
  • Couser un bouton au milieu du coussin de patchwork et un autre plus petit au dos. Je les ai cousus ensemble en tirant bien sur le fil.
pique-aiguilles

Prochaine étape, un biscornu avec des motifs trouvé dans le même livre et 4 couleurs de fil. A l'heure où j'écris ce post je furète pour comprendre comment donner forme à un biscornu. Quand j'ai trouvé je vous fais signe.

Suite française, Irène Némirovsky

livre, Irène Némirovsky, suite française 

En 2004, Irène Némirovsky recevait, à titre posthume, le prix Renaudot.
Nouvel éclairage sur l'oeuvre de cet écrivain morte en déportation en 1942.
Le manuscrit de Suite française, tomes un et deux d'une saga qui devait en compter 5, avait été conservé soigneusement et pendant longtemps par ses filles Denise Epstein et Elisabeth Gille qui l'ont fait publier, en 2004 donc, aux Editions Denoël.
En 2004, je m'étais promis de lire ce roman et puis la vie va, le temps passe et je ne l'ai pas lu.
Au cinéma, voilà bien un mois, j'ai vu la bande annonce de l'adaptation cinématographique de ce roman et je me suis donnée une échéance : un mois pour lire le livre avant de peut-être aller au cinéma.
J'ai couru les librairies et j'ai acheté l'édition de poche, un peu, bêtement ?, déçue de ne pas retrouver sur la couverture le visage de l'auteur en noir et blanc, un peu sépia, comme dans mon souvenir, mais une reproduction du film à venir. Là n'était sans doute pas l'essentiel.
Je me suis plongée dans le livre, happée par la modernité de l'écriture. Les phrases sont simples et le découpage en courts chapitres semble avoir prévu l'ère de 2015 et sa tendance à la concentration courte durée. On va d'une famille à l'autre, les Péricand, les Michaud, Corte, Langelet, vivant avec eux les "préparatifs" de l'exode. Tous sont persuadés, les nouvelles, les amis ou connaissances dans les ministères ou les institutions, le disent, Paris sera bombardée. Il faut fuir vers la province, en train, en voiture, à pieds. Aucun personnage n'est sympathique - il y a ceux qui ont tout simplement peur, ceux qui suivent les ordres qu'on leur donne, ceux qui se préoccupent de conserver le plus d'effets personnels ou tout ce qui est nécessaire pour continuer, ailleurs, leur vie mondaine - mais on a envie de les suivre et de savoir comment ils vont s'en sortir.
Dans la seconde partie, on est dans la France occupée par les Allemands. Certains personnages ont été perdus, vivants ou morts, sur la route de l'exode, d'autres apparaissent, Lucile et Madeleine par exemple, on vit avec elles dans cette France étrange où le soleil se lève chaque matin à l'est, les oiseaux chantent au printemps, la musique envahit les bars les jours de repos et où la douceur de vivre cache bien des noirceurs.
La biographie d'Irène Némirovsky, morte à Auschwitz, peut rebuter de prime abord ; je veux dire, par exemple, lorsque j'ouvre un livre de littérature sur cette période de l'histoire de France, je suis toujours un peu fébrile, j'ai peur d'avoir mal, comme pour Le silence de la mer de Vercors ou Si c'était un homme de Primo Lévi , mais c'est un tort. C'est un livre très fort mais pas larmoyant. On ne se retrouve pas dans la position du lecteur extérieur qui "regarde" un drame se dérouler devant ses yeux, la narration est telle qu'on a l'impression d'être à l'intérieur de l'époque, de prendre nous aussi le chemin de l'exode, de nous cacher à la va vite dans les fourrés et d'espérer qu'aucune bombe ne mettra fin à notre vie prématurément dans un lieu inconnu. Nous aussi, lecteurs,  nous rejoignons une petite ville, un village, de province paisible mais où des choses bizarres se passent.
Le roman est suivi par des notes prises par Irène Némirovsky pendant la rédaction de son roman. Pensées quotidiennes sur l'état de la France ou tel ou tel personnage de son roman. C'est vraiment intéressant de jeter un oeil sur les carnets, annexes, d'un roman entrain de se faire dans les années 40 en France. Encore après suit la correspondance 1936-1945 entre Irène Némirvovsky et son éditeur Albin Michel puis celle entre Michel Epstein, l'époux de l'auteur, et l'éditeur. Terrible, terrible, terrible, de lire un père chercher quelques nouvelles, même mauvaises, de sa femme, internée dans un camp, et préparer la cachette et la vie de ses petites filles quand il ne sera plus là parce que "nous vivons des heures angoissantes qui peuvent devenir tragiques du jour au lendemain".
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A explorer : Les Oeuvres complètes d'Irène Némirovsky regroupées en deux tomes aux éditions Le livre de poche. Le mirador, la biographie romancée d'Irène Némirovsky écrite par sa fille Elisabeth Gille.

Cabas Lin et Paillettes

Sac cabas lin et paillettes

Plutôt rose ou plutôt jaune ? Ma copine Queen Eco de Hong Kong m'a raconté qu'en  séjour détente en Thaïlande, elle avait remarqué une fille qui partait à la plage avec un cabas bien pratique en lin. J'ai trouvé l'idée bonne, j'ai ressorti le patron du sac en Toile de Jouy (parti, lui vers le Nord)  et j'ai pu trouver à Paris, aux tissus Moline, un très joli lin que j'ai marié avec du galon rose un peu fluo et du galon jaune un peu anisé. Ils attendent maintenant de nouvelles destinations plutôt Plein Soleil

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Pour l'Amour du Fil 2015

L'année dernière j'avais passé un bon moment à Nantes au Salon Pour l'Amour du Fil. J'ai été très impressionnée par les patchworks du monde entier. Le Patchwork, voilà un monde inconnu. J'ai des livres, quelques instruments règles, roulettes, tissus, gabarits, colle, mais je n'arrive pas à me lancer. Je reste juste extatique devant les oeuvres de ces véritables artistes du fil et du tissu.

Le thème choisi cette année, la septième,  a de quoi me plaire : Flower Power. Le salon accueille Bill Volckening et sa collection de quilts anciens "New York Beauty", les quilts indigo de Tomie Nagano, ceux de Kaye England, les Molas de Fumiko Nakayama, les broderies de Cécile Franconie qui présentera son nouveau livre autour du patchwork et de la broderie.


mola

Mola : Fumiko Nakayama fabrique depuis 40 ans des molas ; art textile ancestral ce sont des plastrons faits par paire et cousus par des femmes indiennes. Tout est très bien expliqué dans un article du blog La ruche des quilteuses.

collection Bill Volckening
Collection Bill Volckening : sa collection compte environ 300 quilts du 18ème au 21 ème siècle

Infos pratiques pour l'édition 2015 :
Du 22 au 25 avril 2015 / mercredi, jeudi, vendredi et samedi de 10h à 18h30. A noter les HAPPY HOURS, l'entrée est gratuite le vendredi de 16h à 18h30. Parc des Expositions de la Beaujoire à Nantes. Le billet est à 8,70€ en prévente et à 10€ sur place.

Mon édition 2014 :
Revoir les patchworks sur le thème Au fil de l'eau
Faire un point sur mes achats

Mes réalisations avec les achats de 2014 :
Avec les anses à pois de la Couserie Créative, un sac au crochet
Avec le tissu de Neelam, une boîte en cartonnage

Boîte en cartonnage , sac au crochet

Journal d'une femme de chambre, Benoît Jacquot

Le livre Journal d'une femme de chambre  d'Octave Mirbeau acheté par mes parents voilà longtemps trône dans ma bibliothèque mais je ne l'ai jamais lu. Sans doute parce que ce n'est pas un livre que j'ai choisi mais un héritage, abandonné là, à quelqu'un qui aime lire. Je n'ai jamais vu non plus les films de Jean Renoir et de Luis Buñuel adaptés du roman. Je suis donc allée au cinéma pour découvrir le film de Benoit Jacquot sans idée préconçue de ce qu'il fallait que je voie ou pas. 
Comme toujours avec ce cinéaste, j'ai aimé la lumière, les costumes, le décor et les dialogues. Comme ça fait du bien de voir par les fenêtres du grand écran la campagne de province, les fleurs, le vent et les vagues de la Normandie. C'est l'histoire d'une femme de chambre à la fin du XIXème siècle. Epoque cruelle, comme toutes les époques, pour les pauvres avec un petit supplément pour les femmes. Elle sert des gens riches dont elle devient l'objet. Ma fille, allez me chercher une aiguille. Ma fille, allez me chercher du fil. Ma fille, allez me chercher des ciseaux. Ma fille, dépêchez vous. Ma fille, soyez moi dévouée corps et âme. Célestine obtempère mais son âme, à l'esprit rebelle, virevolte parfois. Comme elle est jolie et que sa rébellion cache sans doute quelque pointe d'intelligence, l'agence de placement de gens de maison lui promet un avenir meilleur si elle cesse son "inconduite", si elle se veut un peu plus docile, un peu moins insolente, nécessité faisant loi. Un avenir meilleur, c'est un mariage, une autre forme d'avilissement sans doute, avec le bourgeois, veuf ou vieux célibataire, que l'on aura servi. N'est-ce pas ce qu'attend Rose, la servante de la maison voisine? Elle guette la mort de son fantasque patron pour jouir de la maison qu'il aura inscrite à son nom dans son testament. Oui mais Célestine est une servante qui méprise les bourgeois qu'elle sert. Elle ne les envie pas, elle ne rêve pas d'être à leur place, son luxe serait sa liberté. C'est ce que lui promet Joseph le jardinier. Taiseux, gestes brusques, antisémite acharné (nous sommes au temps de l'affaire Dreyfus), il partage avec Célestine la douce haine de la classe dominante à laquelle il semble si dévoué. 
C'est un film qui parle de la lutte des classes, de la servitude dont on voudrait s'échapper mais qui nous tient. Combien nous coûtera t-il d'être libres ? Est-ce possible d'être libres ? C'est un film qui parle de la condition des femmes - épouse - servante - maîtresse - prostituée - les choix sont limités. Combien de frustrations ? 
Film brutal, enivrant, fort, servi par d'excellents acteurs, premiers et seconds rôles. Un petit coup de coeur pour Mélodie Valemberg qui joue bien justement la cuisinière, résignée, Marianne.


Un homme idéal de Yann Gozlan


3,50 € le prix d'un paquet de bons macaronis ou le prix d'un peu de nourriture intellectuelle.
Hier j'ai choisi de nourrir mon cerveau et j'ai profité du Printemps du Cinéma pour aller voir le film Un homme idéal de Yann Gozlan.
Souvent avant d'aller voir un film, j'ai la mauvaise habitude de lire les critiques, Le monde, Télérama, Les Inrocks...et la critique sur ce film-là était plutôt mitigée. Résultat je n'y serais pas aller si la séance avait été au prix fort...On me décrivait un thriller au scénario mal ficelé, parodie de grands films La piscine de Jacques Deray ou Plein Soleil de René Clément ou encore Match Point de Woody Allen. Si je n'avais écouté que les critiques, j'aurais eu tort car j'ai passé un bon moment. 
Mathieu Vasseur, déménageur le jour, tente en vain de faire publier son roman. Heureux hasard des déménagements, il tombe sur le journal de guerre d'un appelé d'Algérie. Il copie mot à mot le journal, l'envoie aux Editions du Cercle sous son propre nom et est publié. La jeune Alice, gentille intellectuelle issue de la classe favorisée, devient la compagne du grand écrivain en devenir. Le gris de la banlieue parisienne et les déménagements laissent place au bleu éblouissant de la Côte d'Azur, lieu de villégiature de la belle-famille de Mathieu, écrivain. Et c'est au coeur de ce doux climat que les ennuis vont commencer et s'accumuler pour notre usurpateur.
Même s'il y a des scènes qui font penser, et parfois maladroitement, à des films bien connus, ce n'est pas dérangeant et après tout rien ne se créé ex-nihilo (comme nous le démontre d'ailleurs le film). Immédiatement je me suis laissée embarquer dans le changement de vie du jeune apprenti écrivain, comment va t-il faire, jusqu'où va t-il aller dans sa conquête d'une vie meilleure ? Le scénario ne nous laisse pas souffler et interroge en creux sur les mécanismes de l'écriture et de l'identité.

Courez au cinéma, le Printemps du Cinéma c'est jusqu'à ce soir !