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Carol


Carol de Todd Haynes est l'adaptation du deuxième roman de Patricia Highsmith, la romancière dont les oeuvres ont tant de fois été portées à l'écran par Alfred Hitchcock. Nous sommes au début des années 50. Carol est enfermée dans un mariage terminé. Préparant Noël elle promène sa grande élégance dans un magasin, un magasin comme les Galeries Lafayette à Paris, à New York. C'est là qu'elle rencontre Therese, la délicate et charmante Therese, qui office derrière le comptoir des poupées. Elles tombent amoureuses. Deux amoureuses au début des années 50, forcément cela ne sera pas facile...Un film extrêmement léchée. L'image est très esthétique. Cate Blanchettt joue à la perfection une beauté fatale et dure en quête de liberté. Therese, petit animal fragile et fort, cherche elle aussi à se libérer d'une vie qui promet d'être conventionnelle. C'est une histoire d'amour, dérangeante parce qu'elle rappelle le prix qu'il faut payer, pour les femmes, pour vivre comme elle le voudraient. A la sortie du cinéma, en regagnant ma voiture j'étais suivie par un couple sorti de la même séance. L'homme, un peu en colère, disait à sa femme qu'il ne comprenait pas cette femme prête à tout sacrifier " pour quoi ? hein pour quoi ? pour vivre sa sexualité ! ". Cette reflexion m'a fait souffler et lever les yeux au ciel. Si Carol accepte que sa petite fille, qu'elle aime plus que tout, reste chez son père, ce n'est pas pour assouvir sa 'sexualité'. Non, elle veut offrir à sa petite fille de côtoyer une mère heureuse. Elle veut ouvrir la voie d'un monde où les femmes aiment celle ou celui qu'elles ont choisi(e), travaillent, conduisent leur voiture, sont libres de leur choix et les assument. 

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