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Saint Laurent de Bertrand Bonello


Finalement je n'ai pas eu le temps de lire le livre Beautiful People d'Alicia Drake entre les deux films sortis cette année sur Saint Laurent. Il trône sur ma pile "à lire". Dimanche soir je suis allée voir le Saint Laurent de Bonello comme convenu avec moi-même au mois de janvier après la séance du film de Jalil Lespert.
J'ai un bon souvenir de Bonello réalisateur. Arte a rediffusé récemment L'Apollonide - souvenirs de la maison close, un film esthétique et âcre sur la vie des femmes d'une maison close à la fin du XIXème siècle. Son Saint Laurent a le même parti pris esthétique. L'image, je crois qu'on dit la photo, est très belle, chaude, brillante. Gaspard Ulliel est aussi juste et a aussi bien poussé le mimétisme que Pierre Niney. C'est juste que, et je pense que c'est dû à son physique, il joue un Saint Laurent moins fragile. Si le Saint Laurent de Pierre Niney semblait être près de se briser celui-ci on le sent les deux pieds bien ancrés dans la Vie même s'il a comme ambition de consacrer la sienne à l'autodestruction. Très vite, dès les premières phrases, le ton est donné,  Saint Laurent est dépendant - alcool, drogue, médicaments- et fou. Il aime l'art, il dessine, il a des idées de robes et de tailleurs, mais tout est sous acides. Le fauteuil d'à côté, au cinéma, me dit "Mais heureusement que Pierre Bergé est là !". Pierre Bergé est joué par Jérémie Rénier, il est décrit dans le film comme obsédé (totalement) par l'argent ce qui le rend sec.
La tension sexuelle, thématique récurrente chez Bonello, ne sera que "gentiment" effleuré dans les relations Saint Laurent-Bergé  mais dès que Jacques de Bascher / Louis Garrel apparaît, ça monte d'un cran ou de deux ou de trois. Sexe-Amour-Violence. Saint Laurent / De Bascher / pilules psychédéliques, trio magique jusqu'à l'overdose...jusqu'à se retrouver au crépuscule de sa vie YTS ou Yves Tout Seul.
Oui, le cinéma de Bonello est toujours un peu cruel. Les dandys ont souvent peu de coeur  pour eux-même et pour les femmes. Mutilées dans l' Apollonide, renvoyées à leurs problèmes de femme ou rôles de muse dans Saint Laurent. J'aurai aimé un peu plus de profondeur pour les rôles féminins...mais bon...Saint Laurent est un beau film auquel on souhaite bonne chance pour les Oscars 2015.

2 commentaires:

  1. je ne suis pas une fan de cinéma, mais j'ai vu L'Apollonide - souvenirs de la maison close... Un beau film, dur et esthétique comme tu l'as écrit !

    bisous

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